Il était une fois ....l'immense forêt de HAUTE-BRUNE prise entre Champagne Berrichonne et landes de Sologne. Ses premiers habitants ont laissé comme vestige le menhir de la Pierre à la Femme, les seconds, les Celtes Bituriges (qui créèrent la ville de BOURGES - Avaricum) y ont exploité le minerai de fer, avec lequel ils fabriquaient les armes qui firent leur réputation et leur richesse dans toute la Gaule.
On n'a pas encore retrouvé trace de la villa gallo-romaine que posséda ici un certain ASSINIUS dont le nom devint au fil des siècles AUXIGNY, ni de la voie romaine Tours-Bourges qui vit passer les premiers évangélisateurs chrétiens, dont SAINT-MARTIN, à la fin du IVème siècle. La légende raconte qu'une nuit, l'Apôtre des Gaules, égaré dans les bois, fut recueilli par des autochtones. Ils lui offrirent un repas de fruits sauvages, leur unique bien. Comprenant leur sacrifice, le bon saint bouta le feu à la forêt. Ne subsistèrent que les arbres fruitiers qui jusqu'à nos jours donnèrent abondance de récoltes !

On construisit plus tard la chapelle Saint-Martin de la Forêt, à l'endroit même où naquit l'arboriculture ; la chapelle a disparu, mais se cachent encore au plus profond des chênaies les restes de l'ermitage de BLERON (XIIIème), aujourd'hui en partie rénové et but privilégié de promenades pédestres. La première église du Bourg de Saint-Martin (disparue elle aussi) fut édifiée par le roi LOUIS VII Le Jeune. Celui-ci donna les mêmes droits aux Forêtins qu'aux Berruyers et fit bâtir (1171) le château de la SALLE-LE-ROY. Son fils, Philippe-Auguste, en fit une place forte ; CHARLES VII "Le Roi de Bourges" et son fils Louis XI (né à Bourges) aimèrent y loger. On dit que Charles VII donna Saint-Martin à Jean STUART, seigneur d'Aubigny, en remerciement de ses services lors des guerres contre l'Anglais. Les ECOSSAIS y défrichèrent la forêt et fondèrent moult familles encore existantes !

En 1589, pendant les guerres de religion , le château de la Salle-Le-Roy, occupé par les partisans catholiques de Henri IV, est assiégé par La Châtre, gouverneur du Berry et chef des ligueurs protestants. Peu défendu, il sera démantelé à coups de canon. Il n'en subsiste aujourd'hui que les ruines suggestives de la chapelle,dominant le bel étang de la Salle.

Les Forêtins se consacrent à un défrichement intensif, qui donne naissance à un habitat dispersé en villages, hameaux, lieux-dits ( La Rose, Les Rousseaux, Les Cocus, etc... ), constituant un réseau de communautés familiales travailleuses. La Carte de Cassini dressée sous Napoléon suggère bien ce paysage de haies vives et de vergers (pommes, poires, prunes, châtaigniers...), base de l'économie locale.

En 1817, Saint-Martin devient CHEF-LIEU DE CANTON à la place de Menetou-Salon, haut lieu de la viticulture berrichonne, pourtant alors plus important en population.

A partir de 1860 sont construites les premières routes dont la fameuse route de Paris (la D940, ex Nationale 140) en 1780.Le télégraphe arrive en 1869, le chemin de fer en 1885, l'électricité en 1926. Après la guerre 39-45, l'arboriculture se modernise avec l'arrivée de la pomme Golden. Actuellement, la production du verger forêtin (plus de 1500 ha) représente environ 60 000 tonnes, soit 5% de la production française, dont plus de la moitié est exportée dans toute l'Europe.

 
Documents ...
Vous pouvez consulter des documents historiques sur l'histoire de Saint-Martin d'Auxigny. La transcription de ces documents, les traductions nécessaires et les notes de bas de pages sont dues à M. Jean-Marie Coquery, professeur honoraire à l'université de Lille I. Pour les ouvrir au format PDF, cliquez sur le titre.